Deux sœurs, Félicité et Egonia, ont chacun un pouvoir lié à la mort. La première peut parler aux fantômes, la seconde souffle la mort (sous forme de papillons). Ensemble, elles partent à la recherche du fantôme de leur mère. En chemin, elles vont apprendre leur histoire familiale et ses secrets. Réussiront-elles à dépasser leur rancœur mutuelle ?
Chris Vuklisevic maitrise magnifiquement son écriture et nous offre de belles envolées lyriques. Les relations entre les héroïnes sont pleines de quiproquos et de maladresse (et de tendresse). Le thème n’est pas léger, mais l’autrice nous guide avec brio à travers les violences psychologiques et les héritages familiaux compliqués.
Du fantastique francophone de qualité !
Une petite théière est tombée aussitôt depuis très haut dans la tour, pile entre ses paumes. Je ne l’avais jamais vue. Elle était élégante, d’un noir mat, et traversée de cicatrices dorées.
“Le kintsugi. C’est rendre la vie à ce qui est mort, y dessiner des veines où coule un sang fait d’or. Cette théière accomplit pour moi plus qu’aucun des étranges-thés : l’eau qu’elle sert me répare. Parce que je l’ai réparée en premier, avec du soin et de la douceur, et parce que j’ai transformé ses fêlures en trésors.”
Publié chez Denoël le 03/05/2023
